Somarôho – Wawa est la fierté des Nosybéens

L’île aux parfums a vibré aux rythmes du Sômaroho. Pour sa grande finale, le festival initié par Wawa, a assuré un « Show » tonitruant.

 

Deux jours de voyage, sublimé par les paysages de la RN6 menant vers Antsiranana avant de rejoindre le port d’Ankify pour se retrouver finalement à Nosy Be, après un court trajet en vedette rapide. C’est ce que l’on a entrepris avant de pouvoir festoyer et jouir des festivi- tés du festival Sômaroho, en s’imprégnant du folklore et de l’accueil chaleureux de la population locale. S’affirmant comme étant d’envergure internationale, le festival Sômaroho, initié par Wawa, en collaboration avec Telma, qui en était à sa 4e édition, s’est clôturé dimanche dans le, désormais, mythique Stade Ambodivoanio. À l’occasion, c’est une affiche exception- nelle tout à l’honneur de la culture nordiste de l’île, mais également en ode avec cette musique folklorique qu’est le Salegy, qui a enjoué le public venu en masse. Le temps d’un concert inédit, voire des plus exclusifs, le Roi et le Prince du Salegy se sont ainsi partagé le trône pour le plus grand plaisir des yeux et des oreilles des fêtards de l’île.

Une véritable liesse populaire, ou plus précisément une marée humaine, est ainsi venue assister à cette rencon- tre spectaculaire, le temps d’une soirée qui s’annonçait, d’entrée, comme interminable.

« Un passage de flambeau »

C’est en famille, et au grand complet, que le groupe Jaojoby est venu ouvrir le bal de ce dernier jour du festival Sômaroho. Jaojoby ne tarde pas à conquérir son auditoire comme à ses débuts. Le Roi du Salegy est comme un pois- son dans l’eau sur la scène du Sômaroho. À partir de 21 h, c’est durant plus d’une heure de prestation, il enchaîna les uns après les autres ses plus grands tubes. Jaojoby jouit alors d’une nouvelle jeunesse, accompagnant aussi bien ses danseuses qu’en officiant comme chef d’orchestre pour ses musiciens. De « Arô male- milemy » à « Somaiko somain a o » , en passant par« Mangalà vaivy », Jaojoby fait continuellement grimper la température au sein du Stade Ambodivoanio. « C’est un grand plaisir pour moi que dêtre parmi vous ce soir, cette scène reflète pour moi tout ce qui fait que Nosy Be est un endroit où il fait bon à vivre. Je suis fier de ce que Wawa a entrepris dans ce sens, ce festival quil a initié se doit dêtre perpétué et dêtre soutenu comme il se doit », confie Jaojoby, face au public. Au détour d’une phrase, le jeune Wawa, au parcours, d’ores et déjà, émérite sur la scène natio- nale et internationale, s’est ainsi vu être adoubé par le Roi du Salegy en personne. DJ Mourchidy qui offi- ciait comme maître de céré- monie harangue la foule. DJ Mourchidy de scander alors sur scène : « Désormais, nous allons laisser la place à la fête, la grande fête et, pour cela, nous sollicitons votre contribution à tous. Tel Moïse en son temps, on va ensemble créer un passage au milieu de cette marée humaine pour que Wawa puisse y faire son entrée depuis le portail du stade ». La foule se scinde alors en deux. Tel le Pape sur sa « Papa mobile », Wawa entame son entrée en longeant le stade jusqu’à la scène, saluant toute la population de Nosy Be qu’il a ameutée sur place.

Connu pour ne jamais faire dans la démesure, Wawa s’est vu proclamer, de façon officieuse, artiste d’envergure internationale au début de sa prestation. Recevant alors une coupe symbolique de la part des autorités étatiques présentes, représentées par Mbola Rajaonah confirmant son nouveau statut artistique. « La grande fierté de Nosy Be », c’est ainsi que Wawa s’est ainsi redécouvert.

Andry Patrick Rakotondrazaka. L'express de Madagascar