Le festival Sômatsika en demi-teinte

La Commune Urbaine d’Antsiranana a quelque peu raté le lancement de son festival. Il n’a pas drainé beaucoup de monde, pendant la semaine où il a été programmé. 

Pourtant, tout s’est bien passé, comme si de rien n’était. La première édition du festival « Sômatsika » n’a pas obtenu le succès escompté par les organisateurs. Elle s’est achevée dimanche, après les combats traditionnels de « morengy » et les brillantes prestations d’artistes de renom, comme Tence Mena, Babaïque, Aly Mourad et  les jeunes locaux qui se sont  succédé sur la jolie scène de Scoop Digital installée tout le long du stade municipal d’Antsiranana.
Certes, ce n’était qu’un début, néanmoins, l’on a constaté que le festival n’a pas remporté le succès espéré par la commune urbaine et  l’Association de employés, initiatrice de cet évènement. Pratiquement, malgré des têtes d’affiche très attendues  et le programme alléchant réparti sur neuf jours, la population antsiranaise n’a pas encore bien accueilli le « Sômatsika ». De fait, les spectacles organisés au stade n’ont pas obtenu la grande affluence du Donia ou du Sômaroho. Par contre, les spectateurs, en majorité jeunes, ont progressivement afflué devant la scène mobile dressée devant la mairie, où plusieurs concerts gratuits étaient programmés.
Quoi qu’il en soit, c’était  une semaine de fête très attendue  par les amoureux de musique.

Imperfections
« Les festivaliers étaient moins nombreux mais très motivés pour accueillir sur scène leurs artistes préférés en tête d’affiche de la journée », a indiqué le maire Jean Luc Désiré Djaovojozara.
Il a pris comme exemple le roi du salegy, Jaojoby qui a fait son grand retour dans la capitale du Nord ainsi que la découverte des jeunes talents locaux, pour ne citer que Larss, Wesh, ou Romeo.
Pour la municipalité d’Antsiranana, il s’agissait  de poser la fondation d’un festival et de l’inscrire dans la durée. Elle a reconnu qu’il y avait des imperfections liées à l’organisation mais elle a aussi tiré des leçons pour parfaire la prochaine édition. Sur ce, des supputations ont circulé dans les coulisses. Des gens ont  avancé que la date avait été mal choisie car elle avait coïncidé avec la rentrée scolaire. D’autres ont argumenté sur la cherté du prix d’entrée.
« Payer 5 000 ariary par  personne à chaque spectacle n’est pas à la portée de toutes les bourses », a soutenu un père de cinq enfants.
Les promoteurs de Sômatsika n’auraient pas encore maîtrisé la communication externe et interne, car il est primordial de faire connaître ledit festival. Ils n’ont même pas été capables de partager ou de gérer  les tâches des responsables. Ce qui a provoqué les débuts tardifs des spectacles.

Raheriniaina / L'Express de Madagascar