Jaojoby Eusèbe : « La culture, parent pauvre du Gouvernement »

Invité spécial de l’émission «Ambarao» diffusée sur les ondes d’Alliance 92, Jaojoby, le roi du salegy, a mis particulièrement un accent sur le statut des artistes malgaches.

Emission radiophonique unique en son genre qui laisse libre parole à ses invités, «Ambarao» s’est penchée tout particulièrement  sur la sphère culturelle malgache.  Artiste au talent invétéré ayant près d’un demi-siècle de carrière au compteur, Jaojoby a affirmé que les problèmes qui handicapent la culture ne datent pas d’hier.

«A l’orée des années 80, des vents de libéralisation ont soufflé sur tous les domaines, ce qui a occasionné une mondialisation des flux culturels au détriment de la musique malgache», a-t-il rappelé, avant d’enchaîner, «Auparavant, quand tu voulais que tes œuvres passent sur les ondes, il fallait d’abord que tu payes, mais c’est tout l’inverse qui s’applique maintenant, surtout que le matraquage fait ravage dans le paysage médiatique».

Statut des artistes

Jaojoby a également déploré que la culture a toujours été le parent pauvre du Gouvernement, à preuve, aucune nouvelle structure n’a été mise en place pour les artistes au cours de cette dernière décennie,  mis à part le plus grand amphithéâtre de l’océan Indien, le Coliseum d’Antsonjomba en 2012.

L’occasion a aussi été pour l’interprète de «Alima» de relancer le statut des artistes. «Le syndicat des artistes a déjà mis sur pied un statut avec l’ancien ministre de tutelle Tsilavina Ralaindimby  en 2009,  mais nous attendons désespérément le décret d’application», a-t-il dit.

Au terme de son intervention, il a livré ses impressions quant au devenir de ce domaine qui l’affectionne tout particulièrement. «Certes il y a bien des artistes qui restent fidèles aux sources mais force est de constater que la majeure partie des célébrités malgaches a tendance à suivre de près la vague occidentale aux dépens de la culture malgache. Au train où vont les choses, notre musique et notamment notre culture vont se dissoudre», regrette-t-il.

Joachin Michaël. News Mada